Accompagnement de l’ASFOCKA dans le processus APV-FLEGT

nos projets

1. Contexte

L’introduction du concept de foresterie communautaire dans la politique forestière camerounaise de 1995 traduit la volonté du Gouvernement de faire participer les populations rurales dans la gestion durable des ressources forestières en vue d’améliorer leurs conditions de vie. Malgré l’engouement des communautés rurales, son développement se heurte toutefois à plusieurs contraintes d’ordre financières et techniques. C’est dans ce contexte qu’était intervenu le projet de Foresterie Communautaire pour Combattre la Pauvreté dans le Diocèse de Batouri (FCCP).

Le CARFAD ayant largement contribué auprès des autres partenaires à la mise en œuvre de ce projet a constaté de nombreux dérapages liés à la mal gouvernance à savoir : le non-respect des lois et textes règlementaires, l’ignorance des communautés sur les procédures d’obtention de certains documents d’exploitation, la mauvaise gestion des revenus, les conflits récurrents, etc. Suite à ce constat, le CARFAD, le Réseau de Foresterie Communautaire (RFC) et le Comité Diocésain d’Actions Socio-Caritatives (CODASC Batouri) avaient implémenté le projet d’ « Appui à la gouvernance au projet de foresterie communautaire pour combattre la pauvreté dans le Diocèse de Batouri » financé par la Commission Européenne à travers le programme d’appui ACP/FLEGT de la FAO. Ce projet avait permis de relever quelques contraintes liées à la mise en œuvre de la grille de légalité relative aux forêts communautaires dont les plus importantes sont sans être exhaustif : le défaut d’agrément des sous-traitants et le financement très onéreux d’une Etude d’Impact Environnemental (de l’ordre de 15 000 000 FCFA par forêt communautaire).

Afin d’éviter la mise à l’écart des forêts communautaires du processus FLEGT au Cameroun, il est important qu’une contribution soit apportée par tous les acteurs impliqués au processus FLEGT. C’est ce qui justifie ce projet initiée par le CARFAD et ses partenaires (RFC et CODASC de Batouri).

Ce projet s’inscrit dans le cadre du programme thématique pour l’environnement et la gestion durable des ressources naturelles, y compris l’énergie (ENRTP), sur les lignes budgétaires de la Commission Européenne (CE).

2.  Bénéficiaires

Les groupes cibles sont : i) Les communautés locales (26 communautés de la Kadey estimées à environ 126 177 personnes) ; ii) Les exploitants forestiers; iii) L’administration forestière locale. Les bénéficiaires finaux (le gouvernement du Cameroun, les populations locales).

3. Objectifs du projet

Ce projet vise à amener les communautés forestières à obtenir leurs certificats de légalité et à commercialiser du bois légal. Plus spécifiquement, il s’agit de :

  • renforcer le fonctionnement de la fédération existante ;
  • renforcer la gouvernance forestière des communautés, des exploitants forestiers et des acteurs étatiques et lever les goulots d’étranglement liés au respect de la grille de légalité ;
  • accroître les capacités de production et de transformation de bois ;
  • faciliter l’attribution des certificats de légalité FLEGT et assurer la maîtrise du système de vérification de conformité par les parties prenantes au processus ;
  • structurer la commercialisation du bois ;
  • partager les leçons apprises du projet et permettre la visibilité des actions.

4. Contenu du projet

Pour atteindre les objectifs spécifiques, trois volets sont mis en œuvre : i) amélioration de la gouvernance forestière ; ii) contribution à la gestion durable des forêts ; iii) facilitation de la production, de la transformation et de la commercialisation du bois.

5. Résultats du projet

Les principaux résultats attendus du projet sont les suivants :

  • le fonctionnement de la fédération existante est renforcé ;
  • la gouvernance forestière des communautés, des exploitants forestiers et des acteurs étatiques est renforcée et les contraintes majeures liées au respect de la grille de légalité sont levées ;
  • les capacités de production et de transformation de bois sont accrues ;
  • les certificats de légalité FLEGT sont attribués, le système de vérification de conformité est maîtrisé par les parties prenantes au processus ;
  • la commercialisation du bois est mieux structurée ;
  • les leçons apprises du projet sont partagées et la visibilité des actions assurée.

Quant aux activités de suivi-évaluation, les résultats attendus sont les suivants :

  • au niveau interne, activités planifiées et suivies, rapports, compte-rendus, documents de formation produits ;
  • au niveau externe, réunion du comité de pilotage du projet tenue une fois par an pour le suivi-évaluation participatif.

6. Durée du projet

La durée du projet est de 36 (trente-six mois) et a débuté depuis le 1er janvier 2014.

7. Budget du Projet

La subvention accordée par l’Union Européenne est de 1 472 145 € soit 79,95% du montant global tandis que la contribution du CARFAD et ses partenaires est de 369 287 € soit 20,05% du montant global (1 841 432 €).

8. Les activités de la première année

  • Réunion de démarrage ;
  • Réunion d’information des parties prenantes ;
  • Sensibilisation des parties prenantes ;
  • Suivi évaluation interne ;
  • Mise sur pied d’un fonds de fonctionnement ;
  • Renforcement des capacités des membres de l’ASFOCKA sur les textes de fonctionnement de la fédération et l’archivage des données ;
  • Elaboration du manuel de procédures de gestion de la fédération ;
  • Renforcement des capacités en matière de : gestion des revenus et de gestion des conflits ;
  • Dotation de la fédération des outils relatifs aux textes réglementaires (lois, NIMF, etc.) et les former à leur utilisation ;
  • Tenue de la réunion du Comité de Pilotage ;
  • Réalisation des études d’impacts environnementaux (EIE) ;
  • Diffusion des actions du projet dans les média (radio, télévision, presse écrite) ;
  • Production de 150 exemplaires de Newsletter.

9. Les activités de la deuxième année

  • Poursuivre et achever la réalisation des études d’impact environnemental (EIE) ;
  • Mettre en place trois unités de production et d’une unité de transformation au sein de la fédération ;
  • Doter la fédération en équipement de production et de transformation de bois ;
  • Renforcer les capacités techniques de la fédération en matière de production (planification et exploitation), l’accompagner à la réalisation des travaux d’inventaires et à la révision de leurs plans simples de gestion ;
  • Renforcer les capacités techniques de la fédération en matière de transformation de bois (séchage, rabotage conditionnement, etc.) ;
  • Former les communautés et les exploitants forestiers dans le respect des critères et modalités de délivrance des certificats de légalité.

10. Les activités de la troisième année

  • Accompagner les communautés et les exploitants dans le respect des critères et modalités de délivrance des certificats de légalité ;
  • S’assurer de l’enregistrement de chaque communauté et de leurs partenaires dans la base des données du SIGIF ;
  • Sensibiliser les communautés sur : la nécessité d’intégrer les groupes marginalisés (femmes, baka, jeunes) dans les PSG, les avantages de la légalité, les dangers du trafic des lettres de voiture, le respect de la réalisation des projets inscrits dans les PSG ;
  • Mettre en place une plateforme locale intégrant tous les acteurs impliqués dans le l’exploitation du bois ;
  • Mettre en place un outil de communication pour la valorisation des produits et la prospection du marché ;
  • Élaborer un document des résultats et leçons apprises du projet et produire un documentaire audiovisuel résumant les activités du projet ;
  • Organiser un atelier national et sous régional de restitution des résultats du projet et de partage des leçons apprises ;
  • Diffuser les actions du projet dans les médias (radio, télévision, presse écrite).