Étude d’Impact Environnemental et Social (EIES)

Le projet d’exploitation et de commercialisation des ressources des 26 forêts communautaires de la Kadey constitue une grande activité du projet d’accompagnement de la fédération des forêts communautaires de la Kadey dans le processus d’obtention des certificats de légalité et de commercialisation du bois. La réalisation d’une Etude d’Impact Environnemental et Social (EIES) est nécessaire afin d’assurer une exploitation de ces forêt dans le respect de l’environnement. C’est le cas de la forêt communautaire de l’association HE KEN MBOMBOU DE DONGALI.
Pour réaliser l’étude, la méthodologie utilisée a consisté en : l’analyse documentaire, la descente sur le terrain, la synthèse des données et la rédaction du rapport. Une revue bibliographique relative au projet a permis d’établir, de manière participative, pendant la mission de planification le calendrier des consultations publiques (réunions et focus group) avec toutes les parties prenantes. A l’issue de la mission de planification, un mémoire descriptif du projet a été soumis à l’approbation du Ministre de l’Environnement et de la Protection de la nature et du Développement Durable (MINEPDED). En plus, les données sur le milieu humain ont été collectées.

La deuxième mission a porté essentiellement sur les consultations publiques dans le village, les réunions avec les autorités administratives, municipales et les représentants de la société civile. Au cours de cette phase, les données complémentaires (socio-économiques, culturelles et des observations visuelles sur le terrain) ont été récoltées.
L’étude menée de manière participative avec toutes les parties prenantes, a ressorti de nombreux impacts tant positifs que négatifs, inhérents des milieux biophysiques et humains.

Parmi les impacts positifs, on peut citer :
– création d’emplois et augmentation des revenus ;
– augmentation des retombées de l’exploitation de la FC ;
– amélioration des capacités techniques des populations en exploitation forestière et en transformation du bois ;
– amélioration des infrastructures sociales et de l’habitat.

Des impacts négatifs ont été également identifiés parmi lesquels on peut citer :
– pollution de l’air ;
– contribution aux changements climatiques ;
– nuisances sonores ;
– pollution et encombrement du sol ;
– pollution des eaux de surface et souterraines et encombrement des lits des cours d’eau ;
– destruction du couvert végétal et de la flore ;
– perturbation de l’habitat et éloignement de la faune terrestre ;
– faible valorisation du potentiel ligneux ;
– contribution à l’exploitation forestière illégale ;
– risque de destruction des PFNL ;
– risque de perpétuation de la pauvreté et du sous-développement ;
– amélioration du niveau de l’éducation ;
– risque de dégradation des routes en terre et des ouvrages d’art ;
– risque d’augmentation du taux de prévalence des IST/VIH-SIDA et des grossesses non désirées ;
– risques d’incendies ;
– risques d’accidents de travail et de développement des maladies professionnelles ;
– risques d’accidents de circulation ;
– contribution au braconnage ;
– marginalisation des femmes ;
– marginalisation et paupérisation des Baka ;
– développement des conflits.
Des mesures ont été proposées pour atténuer ou optimiser les impacts identifiés. Ces mesures s’articulent autour des aspects suivants:préservation de la qualité de l’air et réduction des émissions de GES ; protection des ressources forestières ; protection du sol et des eaux de surface et souterraines ; protection du patrimoine routier et prévention des accidents de circulation ; sensibilisation des travailleurs et des populations riveraines ; prévention/gestion des conflits, amélioration du climat social et de la gouvernance locale ; protection des travailleurs, des populations et des équipements et développement local.

Des recommandations ont été faites en particulier :
– responsabiliser le Chef service Hygiène, Sécurité Environnement (l’attaché de direction de l’ASFOCKA) dans la mise en oeuvre du PGES ;
– prendre en compte des paramètres pour des éléments nécessitant un suivi environnemental du projet ;
– considérer avec une bienveillance particulière les doléances des femmes et des Baka qui constituent des groupes vulnérables dans la communauté.
Avec l’application effective des mesures préconisées, l’exploitation et la commercialisation des ressources forestières de l’association HE KEN MBOMBOU va constituer un levier pour le développement durable et pour la protection de l’environnement dans le village Dongali.